Chronique d'un classique du metal, par Nico

 

La notion de classiques est une notion extrêmement subjective. Et tant qu’à faire, autant commencer par le début de mon éducation musicale. On a tous un disque qui nous bouleverse, un premier album qui nous bouscule. Tous le monde a connu sa première metallica-justice.jpgclaque musicale, celle qu’on écoute en boucle et qui nous entraîne dans une période plus ou moins longue où on va écouter ce qui s’y rapproche. Des fois, avec le recul, on se dit « mais comment j’ai pu écouter un truc pareil ». D’autres fois, c’est indélébile, et même si on s’en éloigne, on a parfois envie d’y revenir, de goûter à nouveau à cette saveur, un peu comme la madeleine de Proust. C’est un peu mon cas avec mon premier classique. Eté 1989, je me baladais avec ma sœur et j’entendais un truc étrange qui sortait de son casque de Walkman, je voulais savoir qu’est ce que c’était. Elle a posé son casque sur mes oreilles. Rewind… réglage du son pour pas m’exploser les oreilles. Elle m’avertit que c’est assez particulier comme musique. En enclenchant la touche Play, elle ouvrait de nouvelles portes et commençait une période de 7 ans durant lesquels j’ai écouté ça en boucle ainsi que d’autres artistes un peu plus soft. Une intro qui commence doucement, arrive lancinante et là le son déboule comme une charge de piliers de rugby, violent, brutal. Guitares rapides et techniques, batterie bastonnée, basse lourde, un chanteur qui hurle….. Je rentrais de plein pied dans une ère de Métal avec « Blackened », extrait d’un album mythique « …And Justice For All » de Metallica, un des meilleurs albums de Heavy Métal à ce jour. Pendant que d’autres enfants étaient perméables aux hits radios de l’époque, mes idoles s’appelleront désormais James, Kirk, Lars et Jason (ainsi que feu Cliff). Maintenant penchons nous sur cette œuvre que j’ai du écouter plusieurs milliers de fois.

Successeur de « Master Of Puppets » (album préféré des aficionados du groupe) et prédécesseur du populaire “Black Album” (qui a abordé l’assagissement du groupe), “…And Justice For All » est un album de transition. Certains le trouvent prétentieux, surproduit. Il est vrai qu’il est moins axé Trash/Speed Metal que ses prédécesseurs (à part sur « Dyers’ Eve) et de plus, le bassiste du groupe, Cliff Burton, est décédé (et le nouveau, Jason Newsted, ne s’illustre que sur un morceau). Enfin, s’il ne contient que neuf morceau, «… And Justice For All » est néanmoins très denses, avec de véritables morceaux fleuves (9 minutes 48s pour le plus long, l’instrumental « To Live Is To Die », seul morceau avec un solo du bassiste disparu et dont les quelques lignes du texte on été écrites par lui).  Deux morceaux entrent dans la légende, le premier est le morceau titre de l’album, véritable charge contre la justice américaine corrompue, sur les avocats et tout le reste (la pochette de l’album -  montant une statue brisée de la Justice, avec des billets verts qui tombent de la balance – est laisse planer aucun doute sur leurs sentiments à propos de cette institution). L’autre, c’est « One » sur la guerre (qui trouvera une succession digne avec le morceau « The Day That Never Come » sur le denier album du groupe). Des morceaux fleuves avec des instrumentaux interminables, des intros hyper longues,  une véritable maitrise technique des instruments (guitare et basse fusillées, riffs ravageurs, partitions complexes, batterie martyrisée), une maitrise du verbe également (des textes complexes, maniant un anglais parfois littéraire) font de cet album une œuvre complexe qu’il faut écouter plusieurs fois pour en saisir toutes les nuances, un disque qui a incrusté des notes dans les microsillons de ma mémoire, de mes tympans, à jamais.

Deux ans plus tard, le groupe abordait un virage avec « Black album », leur Best Seller à ce jour, distillant des saveurs différentes, plus soft, moins intense, mais ça, ça sera dans une autre rubrique Classiques.

Novembre 2008 : la légende de Metallica renaît avec un album digne de la grande époque, « Death Magnetic », et le premier single (cité plus haut) me procure des sensations que je n’avais pas éprouvé depuis ce beau matin d’été 1989.

 

 

 

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