Chronique d'un monument du rock...19 ans après sa sortie, par Nico

Nirvana-Nevermind Parler d'un tel album ayant connu un tel succès critique et public n'est pas chose aisée, surtout quasiment 20 ans après sa sortie. Mais il fait partie de ces albums qui marquent à jamais ceux qui les écoutent. Alors, tant pis si j'enfonce des portes ouvertes, je vais rendre hommage à un monument.

                                                       

1991 : un raz de marée en provenance de Seattle s'abat sur la planète. Trois jeunes hommes, issus de l'underground connaissent un des succès les plus inattendus de l'histoire. Krist Novoselic, Dave Grohl emmenés par le charismatique (voire quasi-christique) Kurt Cobain accouchent de ce qui deviendra un phénomène de société : Nevermind. Successeur du très nerveux « Bleech » et prédécesseur  de l’excellent mais plus inaccessible « In Utero », cet album est le parfait mélange des deux.

 4 minutes 40 d'un clip fauché suffisent à déclencher l'explosion. "Smell Like Teen Spirit" devient l'hymne d'une génération, la génération X, celle des ados de la fin 80 - début 90, en perte de repère, rejetant le modèle parental des années fric. No Hope, slogan du mouvement grunge né de cette génération, slogan aussi pessimiste et nihiliste que le No Future du punk dont il est un héritier.

Des groupes ont suivi (Alice In Chains, Soundgarden, Pearl Jam, Mudhoney…) mais, sans cette rage fédératrice, se sont vite dilués.

Une pochette engagée (un bébé nageur attiré par un billet d'un dollar hameçonné), des riffs simples et efficace, des paroles fédératrices, des refrains qui restent dans la mémoire, "Nevermind" est un carton immédiat. Mais l'ingrédient principal, c'est cette voix éraillée, fragile, magnifique du chanteur. Un chanteur qui appartient à cette catégorie des maudits, des personnalités sensibles, cultivées, intelligentes, férues de poésie mais détruites par un système qu’elles ont rejoint et qui n'était pas le leur, Cobain était de ces personnalités-là.

19 ans après, "Nevermind" claque toujours aussi fort dans les oreilles. Le fédérateur "Smell Like Teen Spirit", les efficaces "In Bloom", "Come As You Are", "Breed", "Lithium", "On A Plain" (autant de tubes en puissance), le punk "Territorial Pissings", "Drain You" et son jeu de batterie à donner envie de faire du "headbanging" jusqu'à s'en péter le cou, le mélancolique et planant "Something In The Way" pour ne citer qu'eux s'écoutent avec toujours autant de plaisir. Et on comprend comment après tant d'années, on entend toujours des chansons de cet album interprétées par des apprentis chanteurs ou musiciens dans des concerts aux 4 coins du monde. Car ces chansons sont toujours d'actualité, elles touchent toujours ces jeunes oubliés et sans repères, qui ne se retrouvent pas toujours dans les soupes immondes qu'on essaie de leur servir. Le public d’origine, la génération X, a la gueule de bois depuis le 5 avril 1994. Ce jour-là, Kurt Cobain rejoignait, dans des circonstances suspectes, Morrison, Hendrix, Joplin, Lennon,…, laissant des millions d’orphelins. Grohl a fondé Foo Fighters, Courtney Love le groupe Hole, mais, malgré leurs succès respectifs, aucun n’arrivera à égaler Nirvana. « In Utero », sorti en 1992 possède son lot de bombes, et le dernier effort de Nirvana avant le décès de leur leader, un concert « unplugged » à New-York est un monument d’émotion, mais « Nevermind » restera à jamais l’oriflamme de toute une génération, l’album qui a accompagné les rêves brisés d’une jeunesse.

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